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L'ESCADRON


En juin 1912, l’état-major général de l’armée décide de former les premières escadrilles de l’aéronautique militaire française. L'une d'entre elles, la B.L. 3, est déployée en Alsace au début de la première guerre mondiale et c’est à cette occasion que ses avions sont comparés aux «cigognes annonciatrices du printemps en Alsace ».

Il faut pourtant attendre 1916 pour voir apparaître la Cigogne sur le flanc des avions de l'unité. Le commandant Brocard choisit lui-même une cigogne blanche aux ailes baissées qu’il fit peindre sur un Nieuport de la « 3 ». Il demanda ensuite aux autres escadrilles de peindre des cigognes différentes sur leurs avions. La tradition des insignes s’est ensuite développée avec d’autres images mais les escadrilles des cigognes ont toujours gardé leur identité et tous les avions furent marqués par ces symboles.

C'est au cours du premier conflit mondial que furent révélées les grandes figures qui fondent la légende des Cigognes. Les principaux as français de la guerre volèrent sous les couleurs des Cigognes, comme René Fonck (75 victoires et 69 probables) ou Georges Guynemer (53 victoires et 35 probables). Au total, le Groupe des Cigognes est crédité de 175 victoires et 100 probables à la fin de la guerre.

L'entre-deux-guerres n'apporte pas d'évolution majeure si ce n'est l'apparition de la nomenclature Groupe de Chasse I/2 Cigognes, maintenue jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Au cours de la campagne de France (mai-juin 1940), le GC I/2 est équipé de Morane Saulnier MS 406 et remporte, malgré des retraites successives, 29 victoires. Le Groupe est dissout en août 1940, avant d'être reformé en 1941 sur Dewoitine 520. Les relocations d'unités l'amènent à s'installer en Afrique du Nord à partir de 1942, où il se trouve au moment de l'invasion alliée. L'unité rejoint alors les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Il est embarqué vers l'Ecosse en 1943 et en 1944, il est intégré à la Royal Air Force sous la dénomination de 329 Squadron, équipé de Supermarine Spitfire Mk.V puis IX. Parmi les faits d'armes du conflit, le 329 Sq. a participé à la couverture aérienne le 6 juin 1944 avant, depuis des bases en Normandie, de mener une campagne d'attaques air-sol contre les installations ennemies. Le squadron est dissous en septembre 1945. Il termine le conflit équipé du Spitfire Mk. XVI.

De retour en France, sous l'appellation Escadron de Chasse 1/2 Cigognes, l'unité rejoint l'Indochine pendant 17 mois, avant de revenir en France pour s'équiper de Republic P-47 Thunderbolt avant de prendre possession de son premier avion à réaction, le DeHavilland Vampire, en 1949.
La même année, les Cigognes s'installent à Dijon. Au cours des années suivantes, plusieurs aéronefs vont porter les célèbres insignes de l'unité comme le MD-450 Ouragan ou le Mystère IVA.
En octobre 1956, les « Cigognes » décollent à destination d’Israël et participent, sous l’appellation « Squadron 199 », aux opérations de Suez. De retour en France, l'escadron abrite, de 1957 à 1962, la Patrouille de France, évoluant avec douze appareils en formation.

En 1962, les Cigognes sont le premier escadron français à accueillir le nouveau chasseur des usines Marcel Dassault, le Mirage III, formidable delta bisonique. En 1968, le Mirage IIIE, à l'avionique améliorée, prend la relève du IIIC et symbolise l'avènement médiatique des Cigognes grâce à l'adaptation télévisée des Chevaliers du Ciel, la célèbre bande dessinée de Charlier et Uderzo. Le Mirage IIIE accomplit, jusqu'en 1981, 83 139 heures de vol au cours de 97 716 sorties.

L’arrivée du Mirage 2000 C le 2 juillet 1984 a marqué sans aucun doute un tournant pour le Groupe et pour l’Armée de l'Air. Confronté aux exigences les plus sévères d’utilisation opérationnelle sur les territoires aussi divers que lointains, le Mirage 2000 a toujours démontré ses capacité à « Faire Face ».

A partir du 8 avril 1993 et jusqu’en octobre 1996, le Groupe de chasse 01.002 « Cigognes » a participé aux côtés des 12ème et 5ème Escadre et des avions de l’OTAN à l’opération « ALYSSE » au dessus de l’Irak dans le cadre des résolutions des Nations Unies.
En juin 1995, lors de la réorganisation de l’Armée de l'Air, la 2ème Escadre de chasse est dissoute ; le Groupe de chasse 01.002 « Cigognes » devient alors une unité complètement autonome.
En mars 1999, les premiers Mirage 2000-5 se posent sur la base de Dijon ouvrant ainsi de nouveaux horizons pour l’escadron, grâce à un équipement avionique nettement amélioré et à l'adaptation, au cours des premières années du XXIe siècle, du missile MICA. Preuve de cette efficacité, l'escadron est impliqué, depuis mars 2011, dans l'opération Harmattan.

LES ESCADRILLES


SPA 3 Cigogne de Guynemer

La n°3, future SPA 3, est créée en juillet 1912. Dés le début des hostilités elle prend une part active aux opérations et obtient sa première victoire en juillet 1915. En avril 1917 les escadrilles équipées de Spad changent de nom et de n°3 devient SPA 3. A l’armistice, la SPA 3 a quatre citations à l’ordre de l’armée et son fanion reçoit la fourragère de la médaille militaire.

Le deuxième fait d'arme de la SPA 3, outre son implication dans la Deuxième guerre mondiale, se produit lors de la mission indochinoise de 1946-1947. A cette occasion, la SPA 3 participe à la réoccupation des provinces cambodgiennes occupées pendant la guerre par le Siam et sécurise le territoire lors de nombreuses missions d'attaque au sol.

Par la suite, la SPA 3, effectue quelques missions de reconnaissance armée et de mitraillage sur le delta du fleuve rouge et le haut Tonkin, ainsi que des missions de protection de parachutage, mitraillage et bombardement. De retour en France, le groupe « Cigognes » est cité à l’ordre de l’armée et le fanion de la SPA 3 reçoit pour la 2ème fois la fourragère de la médaille militaire.

SPA 26 Cigogne de Saint Galmier

La création de l’escadrille N°26, a lieu le 26 Août 1914 . Elle effectue ses premiers vols de reconnaissance sur des Morane Saulnier type L au cours de la bataille de la Marne. Peu à peu, elle abandonne ses missions et se consacre uniquement à la chasse. A cette époque, le SLT Roland Garros, aidé de ses mécaniciens, parvient à mettre au point un premier système rudimentaire de tir à travers l’hélice. C’est également le premier pilote à obtenir des victoires aériennes en monoplace.

En juin 1916, l’escadrille n°26 rejoint le groupe de chasse n°12 dit des « Cigognes ». A l’instar des autres unités du groupe, elle adopte pour insigne le fameux volatile, en ligne de vol, en lieu et place de son ancien dessin, une main tenant un flambeau olympique. Après l’Armistice, elle fait partie des forces françaises d’occupation en Allemagne où elle est basée à Neudstadt.

Après plusieurs dissolutions successives, elle intègre finalement l’escadron de chasse 1/5 « Vendée », qui sera dissout le 29 juin 2007 avec ses escadrilles. Le 3 septembre 2009, la SPA 26 rejoindra l’escadron de chasse 01.002 « Cigognes ».

Son palmarès est un des plus beaux de toutes les escadrilles de chasse de l’armée françaises avec 51 victoires aériennes homologuées dont 3 ballons d’observations Draken (cible très délicate à abattre), 19 victoires probables, 1 citation à l’ordre de l’armée et une croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze.

SPA 103 Cigogne de Fonck

La n°103, future SPA 103, est une escadrille de bombardement formée le 02 août 1914. En février 1916, elle est transformée sur Nieuport puis sur Spad et devient l’escadrille de chasse n°103. En avril 1917, les escadrilles équipées de Spad changent de nom et de n°103 devient SPA 103. Ce sera son appellation définitive. C’est au cours de ces opérations que les escadrilles obtiennent leurs plus belles victoires. A l’armistice la SPA 103 a trois citations à l’ordre de l’armée. C’est dans cette escadrille que s’est illustré Fonck, qui termine la guerre avec 75 victoires officielles, le meilleur score de tous les chasseurs alliés, et avec lui Haegelen, Coudouret, etc… La 103 a perdu 11 pilotes, mais a 108 victoires sûres, 3 drachens et 69 probables.

Intégrée au Groupe de Chasses des Cigognes, il suit, dès lors, ses pérégrinations de l'entre-deux-guerres et des décennies suivantes.